La 3ème Révolution Industrielle (TRI) au Luxembourg et dans les Hauts de France (rev3)

La 3ème Révolution Industrielle (TRI) au Luxembourg  (Marc Wagner de la Chambre de Commerce)

Le concept de cette étude, fut innovant pour J.Rifkin, car le Luxembourg est le premier pays en Europe à avoir commandité une telle étude. Présentée et publiée en novembre 2016, c’est 500 pages de recommandations, résumées en 131 pages à l’adresse du  Conseil Gouvernemental. Chaque chapitre correspond à une thématique pour laquelle environ 200 mesures ont été évoquées. L’innovation a aussi résidé dans la participation active d’un très grand nombre de parties prenantes, à cette cette commande publique. 

La mise en place du suivi et de la gouvernance est en cours d’exécution.

Le plan d’action gouvernemental (Ministère de l’Economie) a pris le relai en annonçant la semaine dernière une gouvernance sous forme d’un comité de suivi stratégique (les chambres de commerce et des métiers, certains ministères, IMS ..; au total plus de 20 acteurs) et 7 plates-formes thématiques plus opérationnelles.

Pour les besoins de notre soirée, Marc Wagner s’est posé la question de l’Evaluabilité en s’inspirant des travaux de Rick Davies. Ces conclusions et les débats en fin de séance, sont les suivants :

  • le Comité de pilotage n’est pas explicitement pris en compte dans le pilotage ;
  • chaque groupe (ayant émis des mesures) a une vision et des objectifs pour y arriver ;
  • les objectifs de TRI sont clairs avec un ownership affiché ;
  • les indicateurs, et d’autres paramètres sont peu détaillés car ils n’ont pas été pris en compte ex-ante
  • la plupart des parties prenantes sont présentes (peut-être à l’exception de l’Université a titre officiel)

La 3ème Révolution Industrielle (rev3) dans les Hauts de France  (Présentation par Bertrand Zuindeau des Hauts de France )

L’exercice a été commencé beaucoup plus tôt (2012 pour fin 2015 au Luxembourg) mais des retards, notamment dans l’évaluation, ont été pris par des changements de majorité politique et la fusion des régions (la Picardie a rejoint le Nord Pas de Calais). Par contre à aucun moment cette étude n’a perdu son ancrage territorial ou sa légitimité par les politiques et pouvoirs publics. Au contraire un souci d’opérationabilité a toujours dominé et se retrouve dans le Master Plan co-élaboré dès octobre 2013. 

Les résultats en France de l’étude, ce sont 700 projets qui existent déjà avec des acteurs,  individuel, entreprises, 7 universités …etc. et organisé sur 7 thématiques dont celle de l’énergie qui est centrale. Aujourd’hui les conseils, Général et Départementaux essaient de sensibiliser aux enjeux de l’étude les territoires ruraux. Les financements des projets se font par la recherche de solutions variées et innovantes (épargne active citoyenne, crowfounding…etc).

3 formes de pilotage ont été mis en place : politique, technique et opérationnel. Le pilotage politique est réparti en 4 collèges (politique, entreprises, sociétal et universitaire).

Le débat essentiel est la labellisation avec des critères de projets, et leur montée en qualité.

Aucune évaluation n’avait été prévue dans le cadre de référence et les critiques font défaut. A court – moyen terme une évaluation est programmée.

Discussion ouverte pour l’avenir : Symbiose et diversité

Ces 2 exercices Luxembourg et Hauts de France, se distinguent, au contraire d’autres exercices plus anciens comme à Rome ou à Monaco, par une volonté de créer une démarche partenariat forte. Les parties prenantes ont participé dès le début de l’exercice, ont fait partie de groupes de travail et ont été impliqué dans les séminaires intermédiaires.

La diversité d’acteurs a permis de pouvoir passer très vite au concret des recommandations et mesures, et ce dès la fin de la phase d’élaboration. Cette approche particulière n’est pas neutre quant aux résultats (le grand nombre de projets le démontre). Elle a aussi montré qu’une symbiose entre les entreprises du secteur privé, régions et politique est possible.

Mais il est intéressant de noter que sur les 3 exercices de J. Rifkin en Europe du Nord, il y a un pays (le Luxembourg), une région (Les Hauts de France) et une mégazone urbaine (Rotterdam La Haye), relativement proches.

Discussion ouverte pour l’avenir : modèle Economique

Les Hauts de France ont fait évolué le modèle de J. Rifkin sur 5 piliers avec l’efficacité énergétique au centre. Luxembourg a choisi 9 piliers dont 3 transversaux sur les autres.

Par contre dans les 2 modèles, l’ajout de l’économie circulaire et celle de la fonctionnalité ont été faits et chacun a insisté sur la double finalité d’une énergie décarbonatée et de la création d’emplois avec de nouvelles activités à l’horizon 2050

En France on commence à parler de « Révolution Industrielle et Agricole », pays au lien fort avec son agriculture.

Pour chaque exercice les résultats ont débouché par la recherche d’outils financiers et l’accompagnement plus structuré des porteurs de projets : assistance à maîtrise d’oeuvre, club d’entrepreneurs…

La gouvernance a chaque fois donné lieu à la création d’entités de pilotage poly-compétentes et diversifiées.  En France on parle de collège « sociétal » dans le forum d’orientation. Ce qui n’a pas été poussé aussi loin au Luxembourg d’un point de vue des thématiques RSE & DD. Pour une fois la France a été plus pragmatique que le Luxembourg avec un pilotage d’orientation stratégique et un pilotage technique unifié pour pouvoir intégrer les enjeux à tous les niveaux. Au Luxembourg un organe avec tous les nombreux acteurs institutionnels et étatiques va avoir des difficultés à donner des orientations communes et harmonisées.

La France connait une montée en qualité des projets en 2016, assurée par l’appropriation collective de la TRI et par l’action politique qui pousse les acteurs à jouer leur rôle de levier de création d’emplois et d’activités. L’égibilité de projets intègre tous les axes.

Démarche empirique sans souci d’évaluation

La démarche empirique et impulsive a prévalu pour la commande des 2 études, sans aucun souci d’évaluation.

Aujourd’hui un sujet controversé en France est celui des critères autour de la labellisation des projets afin de mieux les définir : les critères sont nécessaires pour le financement qu’ils soient purement quantitatifs, financiers ou extra-financiers (RSE & DD). Mais à l’opposé des critères trop stricts risquent de nuire à la créativité et par conséquent à l’innovation de projets et surtout à leur nombre.

Ainsi la fonction d’évaluation de projets est explicite, quand les enjeux d’évaluation de l’étude dans un contexte mouvant politique, territorial est plus complexe. La nécessité d’un management stratégique et la recherche d’articulations avec les différentes parties prenantes et partenaires vont demander des évaluations à court terme.

Pour Luxembourg, la culture d’évaluation est inexistante aussi les ambitions sont très limitées dans ce sens, mais il est encore possible de rectifier. 

Conclusions (A. Guarda-Rauchs, Présidente de la SOLEP)

La théorie de J. Rifkin basée sur le triptyque « Energie – Logistique – Numérique »  qui permet d’expliquer les révolutions industrielles, est un modèle dynamique intéressant.  Nous sommes tous conscients que notre modèle actuel économique est trop gourmand en ressources pour lui permettre d’être pérenne, d’ou la nécessité de chercher d’autres modèles.

Cette conférence a montré que la 3ème Révolution Industrielle était importante à double titre pour la SOLEP car :

  • Ce genre de projet pousse la Société à faire plus d’analyses prospectives. Marc Wagner a rappelé que Luxembourg 2030 à l’initiative de l’exercice de prospective de la SOLEP, puis repris sous une autre forme par la Chambre de Commerce, ont joué un rôle dans la prise de décision des commanditaires publics. La participation du public pour les 2 études Luxembourg 2030 et pour la TRI a démontré une réelle volonté de la Société Civile de réfléchir à ses questions pour façonner l’avenir et non le subir. Dans ce cadre la Prospective est bien vivante.
  • Surtout le projet a démontré que l’évaluation a tout son rôle à jouer. Si des exercices de prospective donnent lieu à des études plus complètes comme la 3ème Révolution Industrielle, les nécessités d’évaluation vont se multiplier. A court terme l’évaluation a toute sa place même si elle n’a pas été prévue lors de la construction de l’appel d’offre.
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